Réflexion · Transmission · Dialogue

MouvementDemain La Psychanalyse

Un mouvement de recherche sur la pratique psychanalytique aujourd’hui, pour penser celle de demain.

Découvrir le mouvement

Mouvement à l’initiative de

Nathalie Fonder-Serkine & Jean-Michel Louka

Le mouvement

Penser la psychanalyse aujourd’hui et demain.

Le Mouvement Demain La Psychanalyse (MDLP) est un mouvement de recherche et de réflexion consacré à la pratique psychanalytique contemporaine. La société change, les populations évoluent, les parcours de vie se diversifient et de nouvelles formes de demandes apparaissent. Ces transformations nous invitent à interroger notre pratique et à penser la manière dont elle peut continuer à répondre aux réalités d’aujourd’hui.

Le manifeste

Manifeste pour un mouvement
Demain La Psychanalyse

Ceci est un manifeste, pour que… vive la psychanalyse !

Une psychanalyse vivante, portée par ses psychanalystes et leurs analysants, dernier rempart à la haine de l’Autre et au chaos.

Ce manifeste concerne tout un chacun intéressé à la pérennisation de la psychanalyse, à son à venir.

Demain la psychanalyse, certes,… mais dès aujourd’hui.

I — Un mouvement pourquoi ?

En 2018 était publié un livre, « Demain la psychanalyse ». Il donna lieu à la fondation d’une association loi 1901 afin de mettre en acte le programme que portait cet ouvrage. Immobilisée par des tensions internes l’association fût dissoute.

Le propos du livre se terminait sur cette phrase de Freud : « On peut être battu par les flots, mais on ne sombre pas. Fluctuat nec mergitur qui, comme chacun le sait, est la devise de Paris, mais qui est aussi la phrase que cite Freud, en exergue de son texte de 1914, Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique ».

« Mouvement » est bien le mot qu’emploie Freud (Bewegung, en allemand). Il se considère à juste titre, l’inventeur de la psychanalyse, mais par ailleurs témoigne être pris dans le « mouvement » de la psychanalyse en contribuant en temps réel à son histoire. Il ne revendique pas cette histoire, mais il y participe de son lieu de créateur.

Lacan fût longtemps dans ce mouvement Freudien de la psychanalyse, jusqu’au moment de son exclusion de l’IPA au début des années 1960. Ce n’est pas de gaîté de cœur qu’il dût se résoudre à fonder son école, l’École freudienne de Paris, le 21 juin 1964. C’est la nouvelle notion d’école, jamais employée jusqu’alors, qu’il choisît comme « lieu de refuge et base d’opérations » pour ses élèves. Seize ans plus tard, il décidera de la dissoudre. Echec de la notion d’école ?

Elle fût reprise pour l’École de la Cause, et d’autres écoles lacaniennes. Peu d’écoles en fait. Puis pratiquement abandonnée aujourd’hui sauf pour l’ECF, et une ou deux autres. Après beaucoup d’avatars dans ces regroupements d’analystes lacaniens sous le titre d’« école », cela ne semble plus être un concept qui fait rêver dans le milieu lacanien d’aujourd’hui, tout en restant nécessaire à la formation théorique des futurs analystes.

Chaque association, société et même école semble s’être repliée sur elle-même dans son travail, pensant sans doute chacune être celle qui porte le mieux la question de la psychanalyse en ce monde, aujourd’hui, c’est plutôt une aporie. D’où cet aspect figé, qui émane de la plupart des institutions psychanalytiques en France actuellement.

Le résultat fait qu’il n’y a plus de mouvement susceptible de porter la psychanalyse hors leurs murs, et si mouvement il y a, il est circulaire, avec retour au point de départ sans aucune chance d’ouverture. Au final c’est la stagnation. Et même, phénomène récent, au lieu de gagner des membres, c’est un phénomène historique nouveau, elles en perdent.

II — Un mouvement, comment ?

L’idée, le programme est de poser un acte qui consiste alors à réintroduire dans le paysage psychanalytique français un mouvement, car le mouvement, comme chacun le sait, c’est la vie ! Il est essentiel de noter ici que la psychanalyse est intrinsèquement « mouvement », elle n’est même, au niveau du sujet et de sa cure, que mouvement.

Comment donner l’impulsion d'un nouveau mouvement dans la psychanalyse française telle qu’elle se présente aujourd’hui ?

Un mouvement, commence par une intention de mouvement qui ne peut se faire qu’individuellement, au un par un,… mais pas seul !

Que veut dire « individuellement », mais « pas seul » ?

Cela signifie que seul, un sujet, peut se mettre en mouvement, c’est même le primum movens. Un sujet,… puis un sujet,… puis encore un sujet. Cela repose sur ce que la psychanalyse appelle son désir, depuis que l’on doit à Lacan, essentiellement, de l’avoir théorisé.

Mais cela signifie aussi qu’il ne peut se faire qu’avec d’autres, en synergie. Ce qui n’indique pas que ce serait collectivement. Nous pensons qu’il ne faudrait pas refaire d’institution. Elles ont montré leur inanité et leurs limites, souvent contre-productives et en contradiction complète avec l’avancée dans le parcours psychanalytique de chacun.

Le colle-ctif en ce sens qu’il fixe, fige, est mortifère. Le mouvement, lui est du côté de la vie.

Prendre la parole (celle d’un sujet, un par un), et écrire sont les seuls moyens qui nous restent. Ce n’est, cependant, pas rien. Bien au contraire. C’est un engagement, un pacte singulier.

III — La psychanalyse en 2024… et après.

Prendre la parole, ce n’est pas faire un discours, c’est énoncer en quelques vérités, l’essentiel de ce qui caractérise la psychanalyse, sa singularité, et ce qui la différencie de toute autre approche de la psyché humaine.

Quelles sont ces vérités ?

Elles sont en nombre restreint, mais essentiel.

Tout d’abord, il faut dire que la psychanalyse est fondamentalement singulière, et doit le rester. Elle n’est, ni en opposition ni en concurrence avec aucune autre discipline du champs psy ou autre. Pas la médecine, ni la psychiatrie ou la psychologie, le coaching ou autre développement personnel, ou encore la philosophie, la pédagogie ou le droit… Il faut cesser de les comparer. Elle est incomparable, car il s’agit d’autre chose.

a) En théorie

C’est une discipline, indépendante, autonome, une pratique, et un corpus théorique construit pour rendre compte de cette pratique, qui doit rester libre de toute idéologie et théorie du savoir, de tout scientisme aussi. Elle ne doit jamais se compromettre avec les croyances quelles qu’elles soient : les religions et les systèmes philosophiques ou politiques.

Sans être une science au sens expérimental actuellement imposé, elle est un savoir qui se veut porter une science du sujet au travers de son dire. Une science de la subjectivité, du un par un, du cas par cas.

b) En pratique

Plus qu’une théorie, c’est, avant toute chose, une pratique, qui utilise une méthode, la méthode freudienne dite de l’association libre ou méthode psychanalytique ; elle concerne l’accueil de la parole d’un sujet. Celui-là se fait au moyen d’une écoute des phénomènes qui se manifestent de l’inconscient, à travers les rêves, les lapsus, les actes manqués et les symptômes.

Le sujet qui entre en analyse, accepte le cadre rigoureux et la fréquence des séances proposées par son analyste, accepte aussi de régler les honoraires convenus, la durée des séances et de faire confiance au dispositif mis en place. Ce dispositif a été bâti pour lui permettre en toute sécurité de libérer une parole, sa parole, trop longtemps restée en souffrance.

La psychanalyse d’un sujet se réalise dans le cadre du transfert, qui est la mise en acte de l’inconscient, grâce à la présence du psychanalyste, dont la fonction principale, après l’écoute, reste l’interprétation.

C’est l’interprétation que pose le psychanalyste qui est opérante dans la cure, il ne s’agit pas en psychanalyse ni de conseils, ni d’accompagnement, ni d’adaptation et encore moins de formatage.

Le sujet va alors rencontrer qu’il est divisé entre conscient et inconscient ou, plus précisément, on dit entre savoir et vérité. Il va ainsi être amené à comprendre, petit à petit, comment sa vie, à son insu, s’est construite jusqu’ici. Sa psychanalyse aura pour but, in fine, de lui permettre de faire des choix, lesquels peuvent être différents, nouveaux, de ceux qui l’ont portés jusque-là.

Il sera à la fin de son analyse, un sujet averti de son inconscient et spécialement de son désir, dont on espère qu’il se saisisse, ceci peut-être pour la première fois, mais désormais dans l’espoir qu’il ne le lâche plus, ce désir, son désir qui est unique, et qu’il ne cède plus sur lui, comme il l’a fait si souvent jusqu’à présent, dans la méconnaissance où il se trouvait à ce propos.

IV — Une éthique du désir

Telle est la seule éthique que reconnaît la psychanalyse depuis Freud, mais surtout depuis Lacan : « Ne pas céder sur son désir », ce désir fondamental qui définit pour un sujet, sa manière singulière d’être au monde, sa vision, ses choix.

Principe fondamental soutenu par la psychanalyse dans une époque où la dimension du désir peut être facilement confondue avec celle de la demande, celle du plaisir ou de la jouissance immédiate, ou celle du bonheur.

Être en mouvement pour ne pas céder sur son désir.

Nathalie Fonder-Serkine & Jean-Michel Louka

Août 2024

Texte fondateur du Mouvement Demain La Psychanalyse

En ouverture

À une raison

Arthur Rimbaud · Les Illuminations · édition de 1886

Un coup de ton doigt sur le tambour décharge tous les sons et commence la nouvelle harmonie.

Un pas de toi, c’est la levée des nouveaux hommes et leur en-marche.

Ta tête se détourne : le nouvel amour !
Ta tête se retourne : le nouvel amour !

« Change nos lots, crible les fléaux, à commencer par le temps, » te chantent ces enfants.

« Élève n’importe où la substance de nos fortunes et de nos vœux, » on t’en prie.

Arrivée de toujours, tu t’en iras partout.

Notre objectif

Observer, questionner, élaborer.

Notre objectif est de mettre la pratique psychanalytique au travail : observer les transformations des demandes, confronter les expériences cliniques et rechercher comment la pratique peut évoluer sans perdre ce qui fait la singularité de la psychanalyse.

Observer

Partager les expériences de pratique, les observations et les questions rencontrées face aux nouvelles réalités cliniques et sociales.

Confronter

Confronter les points de vue et mettre en dialogue la psychanalyse avec les transformations sociales, culturelles et générationnelles.

Faire évoluer la pratique

Interroger le cadre, l’écoute et la place du psychanalyste afin de faire évoluer la pratique tout en préservant ses fondements et la singularité du sujet.

Fonctionnement

La pratique comme point de départ de la recherche.

La recherche se construit à partir de la pratique. Rencontres, groupes de travail, séminaires et échanges permettent de partir des situations rencontrées, de confronter les expériences et d’élaborer collectivement des pistes pour la pratique psychanalytique contemporaine.

01

Rencontrer

Réunir des psychanalystes et praticiens autour des situations, évolutions et questions rencontrées dans leur pratique actuelle.

02

Travailler

Mettre en commun les expériences, confronter les pratiques et questionner le cadre, l’écoute et la position du psychanalyste.

03

Transmettre

Élaborer collectivement des pistes de réflexion et transmettre les travaux issus de cette recherche sur la pratique.

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